Conseils de typographie ou d'orthotypographie

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De l'intérêt de bien présenter un document

ou

Comment toiletter ses productions écrites ?

Typographe, typographe, qui m'a traité de typographe ? Mais sait-on ce qu'est un typographe ? Ce peut être celui qui agence le texte dans une mise en page d’un journal, d’un magazine, d’un livre ou celui qui conçoit des nouveaux caractères et/ou met au goût du jour les classiques un peu désuets. Les lignes qui suivent s'adressent plus à ceux qui veillent au toilettage et à la mise en forme d'un texte ou d'un écrit qu'à la conception de nouvelles polices de caractères.

Pourquoi donc dois-je m'intéresser à la typographie ou mieux encore à l'orthotypographie ? On peut certes avancer plusieurs raisons, mais la plus importante, à nos yeux, reste probablement le respect du lecteur, qu'il soit élève ou parent, collègue ou autre. Le respect du code typographique contribue à l'ergonomie et au confort offerts au lecteur même pour une lecture sur écran.
L'emploi des espaces, l'usage des majuscules, le respect des abréviations recommandées... répondent à un ensemble de règles bien souvent ignorées des rédacteurs occasionnels. C'est là un facteur de dispersion des lecteurs sur écran trop souvent négligé.

En effet, l'écriture est une forme de communication, et il est important que le lecteur en question ait l'accès le plus simple possible à vos écrits. Si le fond est d'un intérêt capital, la forme n'en est pas moins cruciale, mais agit souvent au niveau de l'inconscient.

Ainsi un même texte pourra laisser une impression désagréable s'il est mal présenté et si sa lecture est mal aisée, ou bien sera avalé avec aisance s'il suit quelques règles simples souvent issues de constatations biométriques (empiriques ou pas). N'oubliez donc pas que tant les erreurs d'orthographie que celles d'orthotypographie peuvent éloigner rapidement votre lecteur du document que vous souhaitez lui présenter.

Il est dommage de voir des productions académiques et scolaires qui ne respectent pas les quelques règles que nous essaierons de parcourir, ce qui dévalorise l'image de l'enseignement ou de l'établissement académique quand ces textes sont diffusés auprès du public, fût-il constitué d'étudiants ou de parents d'élèves indulgents.
Le rôle éducatif du traitement de texte ne doit donc pas se limiter à une mise au net d'une production écrite traditionnelle. Il consiste aussi en l'apprentissage de la composition harmonieuse de la page, garante d'une lecture agréable.

Nous vous invitons ici à prendre connaissance de quelques règles que nous estimons essentielles et qui sont généralement bafouées.

Voir aussi :

 

Il y a peu de sujets qui provoquent autant de débats passionnés, voire stériles que la création d'un guide typographique (pour preuve, les forums et débats sur Internet). Les dictionnaires ne s'accordent déjà pas tous concernant les définitions et genres des mots ; et un guide typographique n'a pas la prétention d'être un dictionnaire.

Un guide n'est pas une liste de règles imposées, validées par une autorité supérieure, mais simplement un ensemble de règles d’usage auxquelles le plus grand nombre se conforme habituellement, pas un bouleversement des usages généralement respectés. Aucune amende ni incarcération pour ceux qui décident de procéder autrement. Mais le principal souci d'un compositeur sera la cohérence : faire ses choix et s’y tenir sur l’ensemble du document. Un mélange d’usages dans un même document étant la pire situation possible (risques de confusions, difficultés de compréhension).

En décembre 1990, un ensemble de rectifications orthographiques ont été recommandées par le Conseil supérieur de la langue française et publiées « Documents » du Journal officiel [N.D.L.R. : le pendant de notre Moniteur belge]. Dans sa séance du 17 janvier 1991, L’Académie française a adopté la déclaration suivante :

"L’Académie française rappelle que le document officiel, souvent improprement appelé « réforme », document qu’elle a, après examen de sa commission du dictionnaire, approuvé à l’unanimité dans sa séance du 3 mai 1990, ne contient aucune disposition de caractère obligatoire. L’orthographe actuelle reste d’usage, et les « recommandations » du Conseil supérieur de la langue française ne portent que sur des mots qui pourront être écrits de manière différente sans constituer des incorrections ni être considérés comme des fautes. Elle estime qu’il y a avantage à ce que lesdites recommandations ne soient pas mises en application par voie impérative et notamment par circulaire ministérielle. Selon une procédure qu’elle a souvent mise en oeuvre, elle souhaite que ces simplifications et unifications soient soumises à l’épreuve du temps, et elle se propose de juger, après une période d’observation, des graphies et emplois que l’usage aura retenus. Elle se réserve de confirmer ou d’infirmer alors les recommandations proposées."

 

En 1991, une norme belge NBN Z 01-002, pour la présentation de lettres commerciales, fut créée. Nous commentons et analysons cette dernière, essentiellement inspirée des usages propres aux langues germaniques[6] dans la page suivante.

« Ceux qui ne savent rien en savent toujours autant que ceux qui n'en savent pas plus qu'eux. » (Pierre Dac)


Pas d'attitude répressive, pas de purisme excessif. Ne soyons pas plus catholiques que le Pape et n'étouffons pas dans l'œuf ceux qui ont envie de s'exprimer. Prétendre qu'il n'y a qu'une seule norme, établie une fois pour toutes, la perfection débarrassée de toutes ses scories... c'est risquer d'être la source de complexes et d'insécurité... linguistique, évidemment. Or, notre but n'est pas d'engendrer une peur, mais d'être un guide pour que nous puissions comprendre pourquoi les Canadiens sourient lorsqu'un Belge dit qu'il a joué avec ses gosses et pourquoi les Belges sourient lorsqu'un beau mâle français demande une serviette en sortant de sa douche.

Pierre Marlet [© RTBF 2001] : « Une langue vivante varie dans le temps et dans l'espace. Les Wallons ne doivent donc pas être honteux d'utiliser certains mots qui n'appartiennent qu'à eux, à condition d'être conscients qu'ils ne sont pas compris ailleurs. Il suffit d'adapter au langage la célèbre phrase de Pierre Desproges : on peut rire de tout mais pas avec n'importe qui. On peut parler comme chez soi tant qu'on est entre amis... »


[6] Le lecteur non convaincu peut faire une recherche dans un moteur de recherche : "NBN Z 01-002" donne 165 pages trouvées, mais si on se limite aux pages francophones, on n'en trouve plus que 8, dont toutes ne défendent pas les dites normes.

 

Quelques livres qui nous ont inspiré, quelques outils de travail pour primo-scripturants... :

Quelques sites de référence :

 


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