Conseils de typographie

Analyse de ressources typographiques : regles_dactylo_typo.doc
cuy copyleft
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Bonjour Dominique,

Je me félicite de trouver quelqu'un qui soit soucieux de la typographie, surtout si c'est un(e) Belge.

Le hasard m'a amené sur tes pages et plus particulièrement sur le fichier "regles_dactylo_typo.doc", daté du 13/01/2009, aussi accessible sur http://www.crpbw.be/meganck/DACTYLO-T-de-Txt_r11.html
Permets-moi de te faire quelques suggestions avant que je ne puisse prendre ton fichier pour exemple...
Sauf erreur de ma part...

p. 2 :
    * même s'il s'agit d'une table des matières faite automatiquement, j'éviterais l'usage des deux-points en fin de titre dans un sommaire ;
    * un sommaire se distingue d'une table des matières, même si tous deux sont des listes de titres :
       - un sommaire se place généralement en début de document et comporte les titres principaux,
       - une table des matières est généralement en fin de document et peut comporter différents niveaux de titres et sous-titres.
    * J'éviterais aussi le mélange de titres ayant des formes aussi diverses que :
       - substantifs précédés d'un article défini,
       - phrase avec pronom indéfini,
       - phrases impératives...
       Pourquoi ne pas gardez une certaine cohérence ?

p. 3 :
    * à la ligne où tu notes "Pierre qui roule" comme exemple, autant j'apprécie les capitales accentuées, autant j'aimerais voir ici un bdc.
       En effet, il s'agit ici d'un deuxième élément d'une énumération, au même titre que le précédent "à la fin d'un mot" ;
    * au niveau de la rubrique "Points de suspension", tu donnes deux sous-rubriques séparées par un trait continu,
       alors que dans la rubrique précédente "Point final", les sous-rubriques sont séparées d'un trait discontinu ;
    * toujours concernant les points de suspension, comme le propose l'IBN, tu distingues des sous-rubriques.
       Cependant, L'IBN propose trois sous-rubriques : "dans une phrase", "à la fin d'une phrase" et "dans une énumération" ;
       dans ton document je distingue "à la fin d'un mot" et à la "fin d'une phrase" ;
       puisque tu mentionnes "selon l'IBN", dois-je comprendre que "à la fin d'un mot" recouvre les deux réalités ibéennes "dans une phrase" et "dans une énumération" ?
    * à la ligne relative à l'esperluette, il me semble regrettable de voir deux graphies différentes pour le même caractère.
       tous les lecteurs ne sont pas sensés connaitre toutes les graphies de ce caractère particulier.
       Ce serait peut-être utile de demander l'avis d'Alain Hurtig, dont référence "http://www.alain.les-hurtig.org/varia/esperluette.html" ;
       ce dernier m'a déjà contacté à propos de mon site "cuy.be" : voir "encouragements" message d'Alain le 31/12/2007.
       C'est un excellent typographe qui assure la continuité de l'œuvre de Jean-Pierre Lacroux, remarquable typographe, hélas disparu trop tôt ;
    * concernant les guillemets, je ne connais pas de document de l'IBN qui fasse une distinction entre les chevrons français et les autres types de guillemets.
       Je me félicite cependant de voir cette nuance et le respect des habitudes typographiques y relative.
       Mais il peut s'agir d'un manque à ma culture typographique, auquel cas, je serais heureux d'en connaitre les sources précises...
       et pourquoi pas un rapide scannage des pages concernées. Merci d'avance ;
    * à la ligne relative au tiret, le caractère montré en colonne 2 n'est pas, me semble-t-il, un tiret, mais un trait d'union.
       Il faut distinguer le trait d'union (-), le signe moins (−), du tiret court (–) et du tiret long (—).
       De plus, pourquoi ton exemple ignore-t-il la capitale accentuée alors que tu l'as si bien utilisée jusqu'ici ?
    * ton exemple à propos des parenthèses dans un mot me parait mal choisi, c'est une fin de mot avec espace qui suit la parenthèse finale.
       Un exemple plus judicieux pourrait être "Les élèves intéressé(e)s peuvent..." ;
    * je trouve dommage que tu n'aies pas introduit la notion d'espace insécable.
       Bien sûr, l'IBN détourne (partiellement) le problème en supprimant les espaces fines ou insécables devant les ponctuations dites doubles,
       cependant, imagine comment tes exemples seraient maltraités si les espaces requises selon tes critères se trouvaient en fin de ligne, avec rejet du caractère suivant ...
      "Une augmentation de 10 % est prévue", "La somme de 287 € vous sera versée", "Il fait plus de 32 °C" ainsi que « 21° 50' 30" ».

p. 4 :
    * dans ton premier tableau, dommage que ton "APRES" ne soit pas un "APRÈS" qui respecterait ton choix quant à l'accentuation des capitales ;
    * à ma connaissance, plus aucun éditeur ou typographe ne fait encore usage du double espacement après les points :
       c'était à l'époque un moyen de respecter le gris typographique ; la majorité des polices étaient à chasse fixe et augmenter les espaces permettait d'éclaicir sa page.
       peut-être croit-on y voir deux espaces après... la réalité est qu'en typo parfaite, l'espace avant est une espace fine insécable et l'espace après est une espace
       dite forte, normale, justifiante ou espace-mot, d'où
       cette impression correcte que l'espace après est plus grande que l'espace avant ;
    * j'y lis "essayez de visiter l'un deux",
       j'aurais préféré lire soit "essayez de visiter l'un d'eux", soit "essayez de visiter l'un des deux" ;
    * sauf erreur de ma part, le deux-points prend un trait d'union et reste singulier (valable aussi pour la p. 3)  ;
    * à ma connaissance, l'abréviation du mot "nombre"
       n'est pas "nb." qui est contraire au principe de formation des abréviations en français,
       on préférera utiliser nbre ou mieux nbre :
    * les abréviations de "numéro" et "verso" semblent avoir été faites en employant le signe ° de degré, alors qu'il faut utiliser le 'o' en exposant o ;
      et au pluriel, elle se note nos et pas n°s ni no (d'où l'importance de la remarque précédente) ;
    * pourquoi "Établissements" a-t-il perdu sa capitale accentuée ?
    * nuance utile, me semble-t-il : Mr signifie Mister en Angleterre, alors que Mr. signifie Mister aux É.U.A. (U.S.A.).

p. 5 :

Une courte explication en français relative à un vocabulaire que tu sembles mal maitriser. Tous les francophones, qu'ils soient grammairiens, typographes ou usagers communs seront d'accord pour dire que le titre « Le coup de dé de de Gaulle » est un titre qui compte deux majuscules, à savoir le premier L, comme début d'un titre et le G du patronyme de Gaulle. C'est l'apprentissage de la grammaire dès notre plus jeune âge qui nous a habitué à cette distinction.
Le dictionnaire Larousse précise d'ailleurs « Se dit d'une lettre d'une forme particulière et de plus grande taille que les autres lettres (minuscules), qui s'emploie au début d'un mot, soit pour signaler qu'il s'agit d'un nom propre, soit pour marquer le début d'une phrase (ou d'un vers). » La majuscule est donc bien le premier caractère d'un mot, d'un ver ou d'une phrase que la grammaire demande d'écrire avec une forme et une taille particulière.
Wikipedia est encore plus précis : « La majuscule (du latin majuscula, “ un peu plus grande ”), quant à elle, est un caractère situé au début de certains mots. Chaque langue en fixe l’usage. Le plus souvent, mais pas exclusivement, les majuscules sont représentées par des capitales (d’où la confusion). », et ailleurs « Une majuscule est un emplacement initial déterminé par les règles d’orthotypographie, qui se réalise la plupart du temps comme une capitale. »

Jusqu'à l'apparition de l'imprimerie, aucun latin, aucun scribe ni copiiste n'aurait imaginé de parler d'une majuscule en deuxième position d'un mot... puisque la majuscule est le caractère initial d'un mot dans certaines circonstances que la grammaire française précisait.
cassetinAvec l'imprimerie faisant usage de caractères mobiles, sont nées les personnes spécialisées dans la composition de texte avec des caractères mobiles : les typographes, dont certains dictionnaires donnent 'imprimeurs' comme synonyme.

Il fallait bien trier ces caractères mobiles et le tri s'effectuait avec de grands tiroirs divisés en de multiples cassetins, de taille différente selon la fréquence d'usage du caractère que l'on y stockait. Les minuscules étant d'un usage plus fréquent, on les rangeait en "bas de casse" car plus facilement accessibles. Puis, les typographes, spécialistes de la composition des textes, ont imaginé mettre des mots en évidence en les écrivant entièrement avec des caractères rangés en haut de casse... d'où l'écriture en lettres capitales.

Pas question de dire que les typographes appellent capitales les majuscules. Comme tout bon utilisateur de la langue française, la majuscule reste le premier caractère d'un mot que la grammaire demande d'écrire avec une forme et une taille particulière. La capitale relève, elle, d’un choix de composition typographique. Leur emploi relève d'une décision particulière du compositeur du texte. Un éditeur, un journal ou un graphiste pourra par exemple, décider de composer les titres de livres ou d'articles en capitales et les sous-titres en petites capitales ou encore la liste des acteurs et intervenants d'un film entièrement en bas-de-casse.

Ainsi donc, Dominique, rien ne t'empêche d'écrire « Le coup de dé de de Gaulle » en lettres capitales : « LE COUP DE DÉ DE DE GAULLE » ou « LE COUP DE DÉ DE DE GAULLE », ton titre comptera toujours deux majuscules, mais sera écrit en capitales ou en petites et grandes capitales. Pas question donc de parler du 'É' comme d'une majuscule, puisque, rappelons-le, une majuscule est une propriété intrinsèque et invariable de l’initiale d’un mot ou des initiales d’un sigle (ce mot ne pouvant pas être ni contracté ni muté, etc. qui fait du mot un mot propre, et qu’on ne peut pas écrire avec une « bas-de-casse » ou une « petite capitale »), propriété qui s’oppose à la lettre minuscule utilisée dans tous les autres cas de lettres médiales ou finales ainsi que pour tous les mots communs dont toutes les lettres sont toujours une lettre minuscule (même en initiale placée en début de phrase !).
De même, une capitale (aussi appelée « haut-de-casse ») désigne uniquement une casse typographique pour l’écriture, concept lié en français à la règle orthographique qui interdit l’écriture en « bas-de-casse » ou « petite capitale » mais impose l’écriture d’une casse « capitale » ou d’une casse « grande capitale », à tous les mots en début de phrase, que ceux-ci soient propres ou communs, et donc indépendamment du fait que ces mots commencent par une majuscule ou une minuscule).

Aussi, ne puis-je qu'apprécier les auteurs qui ont pastiché ton article « Faut-il accentuer les majuscules? » en « Faut-il accentuer les capitales ? », voire même « Faut-il accentuer les capitales (et donc les majuscules) ? »... à moins que ce ne soit toi qui aies voulu modifier la langue française ?

Le seul mot qui ait une lettre capitale qui soit accentuée est « DÉ », or ce mot ne comporte aucune majuscule, car pas en début de phrase, pas de première lettre d'un nom propre, etc. Il s'agit d'un nom commun écrit en capitales... et ce nom commun, s'il nécessitait une majuscule, ce ne pourrait être qu'au niveau de la première lettre du mot si le mot commençait une nouvelle phrase...
C'est donc bien un choix typographique que d'écrire cette expression en capitales, et le mot "dé", nécessitant un accent en bas de casse, doit être écrit en capitale avec une capitale accentuée.
Désolé, Dominique, mais on sait de quoi on parle ou pas...

en page 9, on lit l'exemple « le 2e trimestre »
et en page 10, on lit « Les nombres formulés en toute lettres :
Les adjectifs numéraux ordinaux s'ils sont précédés d'un article ou d'un adjectif »...
évidemment, puisqu'il s'agit d'exemples copiés de l'ouvrage de Mme Lipmanne...

Un rappel de notions de vocabulaire vues à l'école primaire ne te ferait pas de tort :
le dictionnaire Larousse précise « un are est une unité de surface agraire égale à 100 mē (symbole a). »,
ce qui signifie qu'en page 11, tu contredis cette définition puisque tu écris « un are (10 m²) (symbole A) »,
de même selon Larousse : « un hectare est une unité de Mesure de superficie égale à cent ares, ou dix mille mètres carrés (symbole ha). »,
ce qui signifie qu'en page 11, tu contredis cette autre définition puisque tu écris « un hectare (100 m²) ».

Comme je l'ai proposé à d'autres, aussi enseignants sensibles à la typographie, je veux bien poursuivre cette lecture critique et considérer, après correction, que ton document soit un exemple de typographie (voir entre autres http://www.serge-paulus.be/cours/typo_normative_H.pdf ).

Bien à toi,

Si une erreur de ma part est détectée, je serais le premier à accepter la correction...
Je n'ai aucune autre prétention que d'informer correctement les gens qui s'informent sur Internet, et d'apprendre de gens plus compétents que moi.
Il n’est jamais trop tard pour s'améliorer.

À te lire bientôt, j'espère.

Guy, CUY's webmaster