Conseils de typographie ou d'orthotypographie
 
 L'incohérence des normes belges ;o)

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De l'intérêt de bien choisir son maître

ou

Rester cohérent dans ses productions écrites

 

En 1991, une norme belge NBN Z 01-002, pour la présentation de lettres commerciales, fut créée. Cette dernière est essentiellement inspirée des usages propres aux langues germaniques[6]. Nous ne citerons que l'absence d'espace devant les points d'interrogation ou d'exclamation, alors que tout le monde s'accorde à admettre qu'il y faut une espace fine, généralement remplacée par une espace insécable. Essayerait-on de nous faire comprendre que les francophones de Belgique ne doivent pas écrire comme ceux de France ou du Canada ? Essayerait-on de suggérer que l'Académie française n'est plus une référence quant à l'usage du bon français ? Ces normes, corrigées en 2002, sont vendues (quel scandale !) sur le site www.ibn.be/FR/

« Une typographie personnelle est une typographie défectueuse. Seuls les débutants et les imbéciles peuvent l'exiger. »
(Jan Tschichold, Livre et Typographie.)

 

 

 

 

 

 

Comment faire confiance à ces gens qui, à l'encontre de cette vénérable dame du quai Conti[3], font preuve d'ignorances (volontairement au pluriel) :

    1. s'ils emploient le mot "espace" en évitant de faire apparaître son genre. Chacun sait (ou devrait savoir) que le mot "espace" est féminin, lorsqu'il s'agit de typographie (tous les dictionnaires de la langue française s'accordent à le dire)[1]. De même, Œil qui se définit comme le dessin de la lettre qui apparaît à l'impression. En typographie, l'œil reçoit l'encre, c'est l'élément imprimant. On dit également, en imitant l'américain et parfois pour éviter la polysémie du mot œil, image de glyphe ou simplement glyphe. Le pluriel d'œil au sens typographique est œils[5]. Cependant, dans ses titres numérotés 3.6.2 et 8.3.6 et 9.10, on constatera que le mot espace est bien noté au masculin, alors qu'il s'agit d'un ouvrage relatif aux "normes typographiques" belges ;
    2. le mot "interligne" est masculin pour désigner l'espace entre deux lignes écrites ou imprimées, il se féminise en typographie, lorsqu'il désigne la lame de métal utilisée pour séparer et maintenir deux lignes. Malgré qu'il s'agisse d'un traité de typographie, nous accepterons l'emploi de ce terme au masculin ;
    3. chacun sait (ou devrait savoir) que les abréviations de dixième ou quatorzième sont 10e et 14e ; dès lors, pourquoi dans ses titres numérotés 8.13 et 8.14, l'auteur (averti, il le dit) emploie tantôt 10e, tantôt 14ème ;
    4. ils font usage de normes incorrectes. Le yen japonnais se note ¥, mais son code ISO-4217 est le JPY [et pas JPJ] (2 signes pour le pays, ici JP pour Japan, 1 signe pour la monnaie, ici Y pour yen ; ces critères ISO sont valables pour USD (dollar of United States), BEF (franc de la Belgique), FRF (franc de France), CHF (franc de la Confédération helvétique) ;
    5. sous la rubrique 9.10, relative aux colonnes, les auteurs parlent "d'éviter des grands espaces blancs entre ceux -ci", est-ce une raison pour placer une espace entre 'ceux' et le trait d'union qui suit ? [et espaces manifestement au masculin, alors que...] ;
    6. confusion entre les guillemets français ou chevrons (« »), les guillemets anglais (“ ” ) et le simple guillemet double ou double-quote ("), ce qui est confirmé par la règle énoncée en 2.1 (valable pour les quotes anglo-saxons [ou anglosaxons]) non suivie pour l'écriture (faisant usage de guillemets français ouvrant et fermant) des textes écrits en dernière ligne de la page 15, titre 9.2 [ ... format « paysage » ... ] ;
    7. sous son titre 8.6, relatif à la vedette d'une lettre, les auteurs signalent que cette dernière doit commencer par une majuscule et se terminer par une virgule. On constatera cependant que dans les deux "modèles" proposés en pages 20 et 21, cette règle est non respectée ;
    8. il faut suivre les "conseils" de gens qui sont considérés comme référence en la matière ;o)
      Ainsi, la page de couverture compte plusieurs deux-points ; le lecteur attentif se demandera pourquoi trois de ces deux-points ne doivent pas suivre la règle énoncée page 4. C'est beaucoup pour une page de couverture ;
    9. il faut considérer comme 'liste longue' toute liste qui comporte un élément dont la longueur est supérieure à une ligne de texte... donc, une liste de longue, si l'on change de police ou si l'on passe d'une disposition "portrait" à une disposition "paysage", de liste longue... peut devenir liste courte et nécessiter de changer toute la ponctuation... c'est bien un compromis "à la belge"...

Ce texte a été retravaillé à l'initiative de la Fesec (Fédération de l'enseignement secondaire catholique) dans un document intitulé "Présentation de documents commerciaux et administratifs selon la norme NBN Z01-002", disponible ici. Le lecteur constatera d'une part, que nos observations ont été citées p. 28 (du temps où nos textes étaient hébergés sur le site www.enblc.be) et d'autre part, qu'un net progrès de présentation a été apporté à ce nouveau document.
Cependant, on déplorera non seulement que la lecture de nos pages ait été trop rapide, mais encore que :

    1. ce document reste fidèle aux normes NBN Z01-002 qui, lui-même, ne respecte pas les normes typographiques de la langue française ;
    2. l'emploi des capitales accentuées reste très arbitraire et donc incohérent ; les auteurs les employant généralement, mais les négligeant parfois dans une même page, faisant défaut d'une 'présentation cohérente' [p. 5, 10, 15, 18, 23, 25] ; on lira par exemple "PREMIERE PARTIE: NORMES GÉNÉRALES" ;
    3. la confusion entre les notions de capitales et de majuscules [voir Capitales, majuscules et accent, ici] est encore présente, malgré un sérieux progrès quant à l'usage correct de ces mots ;
      on lira en page 16 « Ce nom peut être cependant mis en lettres majuscules s'il y a confusion avec un prénom », le lecteur comprendra qu'il faut lire « Ce nom peut être cependant mis en lettres capitales s'il y a confusion avec un prénom » ;
      de même en page 17 « [...] localité qui s'écrit en lettres majuscules... » deviendra « [...] localité qui s'écrit en lettres capitales... » ;
      le lecteur appréciera cependant l'emploi correct du mot capitales en page 18 (« ... le pays du destinataire est inscrit en lettres capitales en ... »)
    4. ce document ne fasse aucune distinction entre les espaces simples ou ordinaires et les espaces insécables, voire espaces fines... on trouvera dommage de lire une information (avec une valeur séparée de l'unité qui suit en abréviation) telle que : "15 h 45
      min 50 s
      " [voir p.6 dudit document]
    5. en suivant la règle notée page 19 [« La vedette commence par une lettre majuscule généralement suivie d'une virgule »], vous n'écrirez pas
      Cher Monsieur Dubois,
      mais,
      C,her Monsieur Dubois
    6. aucune distinction de guillemets ne soit faite [voir guillemets et espace, ici], alors que
      • les guillemets français ou chevrons, («) nécessitent pour l'ouverture, une espace normale avant et une espace insécable après ;
      • les guillemets français ou chevrons, (») nécessitent pour la fermeture, une espace normale après et une espace insécable avant ;
      • les guillemets anglais, (") nécessitent pour l'ouverture, une espace normale avant et aucune espace après ;
      • les guillemets anglais, (") nécessitent pour la fermeture, une espace normale après et aucune espace avant.
    7. le code ISO de la couronne suédoise, noté SE en page 9 soit erroné, puisque la Banque nationale de Belgique rappelle tous les codes ISO-4217-3 de toutes les monnaies mondiales et stipule que la couronne suédoise se note SEK [source ici ou ici], même si le code ISO-3166 alphabétique à deux lettres de la Suède est SE (celui de l'Algérie est DZ) et celui à trois lettres est SWE ;
    8. l'emploi de parenthèse ouvrante soit fait, sans fermeture de celle-ci (voir p. 5) ;
    9. le fait qu'une liste ait son premier élément terminé par un point... et son dernier élément terminé par une virgule (voir p. 4).

Extrêmement surpris de ces imprécisions, nous sommes allés vérifier le programme correspondant de la Communauté française (esprit scientifique oblige). Un de ces documents s'appelle 104-2002-248B.pdf, il reprend les programmes des sections secrétariat-tourisme, cours de secrétariat-dactylographie-bureautique. On pourra au moins se poser les questions suivantes :

    1. En page de couverture, on peut lire : "COMMUNAUTE FRANÇAISE"... si l'on y place la cédille sour le Ç en capitale, pourquoi ne note-t-on pas l'accent aigu sur le É ?
    2. Pourquoi trouve-t-on 5 É, alors que la majorité des capitales devant être accentuées ne le sont pas ? (voir p. 9, 10 et 30 pour les capitales accentuées et presque toutes les autres pages pour les capitales non accentuées, ce qui n'est pas une erreur typographique mais une erreur d'orthographie [voir capitales accentuées, ici]) ?
    3. Pourquoi trouve-t-on en page 2, un "deux-points" précédé d'une espace (ce qui est conforme aux normes de la langue française [voir ponctuation et espace, ici], mais contraire aux normes belges présentées plus haut) ainsi qu'une liste courte dont chaque item se termine par un point-virgule (parfait selon les normes de la langue française [voir énumération, ici] mais contraires aux mêmes normes belges ?
    4. Pourquoi la page 10 démarre-t-elle sur une aussi triste confusion :
      L'ÉVALUATION (avec accent)
      L'EVALUATION FORMATIVE (sans accent)
      L'évaluation formative [...] ?
    5. Pourquoi la page 4 voit-elle à quelques lignes d'intervales les mentions : 3e année et 4e année ? [voir abréviations, ici]
    6. Pourquoi en page 50 (mais pas uniquement là) voit-on des espaces placées au niveau de parenthèses... qui ne sont admises NI par l'Académie française, NI par les normes belges ?
    7. Pourquoi tant d'énumérations sont-elles faites tantôt sans ponctuation en fin de chaque item, tantôt avec une ponctuation qui ne correspond à aucune des normes, ni belges [ ;o) ], ni académiques ? (voir par exemples, pages 87 ou 91... les règles sont peut-être différentes selon la colonne dans laquelle on se trouve... des compromis à la belge, on en a vu d'autres)
    8. Pourquoi introduire une capitale après un "point-virgule" et ne pas mettre de capitale après un point ? (voir p. 28) Cela est forcé de se présenter quand on s'érige inventeur de nouvelles normes...
    9. Pourquoi mélanger dans une même énumération des ponctuations différentes qui, tantôt sont conformes aux normes belges, tantôt se rapprochent des normes académiques ? (voir p. 32, 43)
    10. Pourquoi trouve-t-on 36 occurences d'un "deux-points" précédé d'une espace, 66 occurences d'un point-virgule précédé d'une espace et 37 occurences d'un point-virgule utilisé comme fin d'item dans une énumération réputée courte ?

    De quoi y perdre son latin... d'où l'idiosyncrasie.

Un autre de ces documents s'appelle 158-2001-240.pdf, il reprend les programmes des sections dactylographie, traitement de texte et bureautique. On pourrait avoir encore plus de raisons de se poser des questions :

    1. En page de couverture, on peut lire : "COMMUNAUTE FRANÇAISE"... si l'on y place la cédille sour le Ç en capitale, pourquoi ne note-t-on pas l'accent aigu sur le É ?
    2. En page de couverture également, on trouve une apostrophe suivie d'une espace... fait contraire à toute convention typographique ;
    3. En deuxième page, on découvre un deux-points précédé d'une espace... cette correction de typographie n'est pas conforme aux normes préconisées par ses auteurs ;
    4. En page 4, correctement numérotée 2, on lit quatre signes de ponctuation qui se suivent. Bien que tous les typographes n'en fassent pas état, nombreux sont ceux qui précisent que les points de suspension ne sont jamais précédés d'une virgule ou d'un point-virgule (voir la-ponctuation.com, protocole de rédaction de l'ISTI-HEB, )
    5. En page 7, on découvre une liste dite longue selon les normes 'belges', mais dont les items sont terminés par une simple virgule... ce qui n'est admis par aucune règle de typographie ;
      à moins qu'on édicte une exception si seul le dernier élément de la liste est long... mais alors il y a erreur en page 20 ;
    6. En page 8, colonne de droite, on croit découvrir une liste mal ponctuée (selon les normes 'belges'), mais en poursuivant la lecture en page 9, on découvre que la ponctuation est correcte (c'est d'une facilité déconcertante pour les secrétaires) ;
    7. En pages 13 et 15, une liste est ponctuée de virgules et de points... normalement, il ne devrait y avoir qu'un seul point final ;
    8. En page 13, il est fait allusion à l'emploi de l'espace insécable, mais les normes préconisées prétendent qu'il n'y a pas d'espace devant les points-virgules, points d'interrogation, points d'exclamation ni les deux-points ; il est évident que si l'on accepte les normes d'orthotypographie de la langue française, ces espaces insécables sont indispensables (voir ici) ;
    9. En page 20, une liste est ponctuée de virgule, points-virgules et d'un seul point final : virgules et points-virgules n'ont pourtant pas de droit d'existence commune...
    10. Les points de suspension sont employés de façons diverses :
      • tantôt terminant une liste, mais précédés d'une espace et d'une virgule [xxxx, …).] ;
      • tantôt terminant une liste, mais précédés d'une espace et sans virgule [xxxx …)] ;
      • tantôt terminant une liste, mais non précédés d'une espace ni d'une virgule [xxxx…], ce qui est la seule correcte en typographie 'avertie', malheureusement trouvée trop peu souvent dans le texte.
    11. En page 4 comme en page 5, on constate que dans une même ligne, il y a un usage incorrect des 'moins', 'tirets courts' et 'tirets longs' ;
    12. En page 2, on lira "Par contre, la dactylographie implique la connaissance des règles typographiques", et plus loin "[...] attribuer une présentation agréable et lisible en fonction des normes, des usages et de la culture de la langue". Que chacun en prenne de la graine !

Le Professeur Dominique Markey, Faculté des Sciences économiques appliquées, Université d’Anvers et Faculté de Droit, Université catholique de Bruxelles (KU Brussel), grand défenseur des normes Z 01-002 (2003) atténue son propos en parlant de nouvelles tendances de frappe... Dans son document 00013831.pdf, on remarquera cependant :

    1. l'absence générale de capitales accentuées, sauf à deux occasions : LOCALITÉ (p. 3 et 4), Évitez (p. 11) ;
    2. une grande variété quant à l'emploi de l'espace (insécable ou fine) devant un deux-points...
      en effet, on en compte 92 non précédés (dont plusieurs RE: From: CC: ou Bcc:) d'une espace,
      pour 33 précédés d'une espace (seule façon acceptée par la typographie à condition que cette espace soit insécable voire fine) ;
    3. une autre variété quant à l'emploi de l'espace devant le point d'interrogation...
      7 avec espace (ce qui est contraire aux normes défendues dans l'article)
      pour 45 sans espace (ce qui n'est pas conforme à la typographie de la langue française, mais est conforme aux normes de la langue néerlandaise, dont les 4 dernières pages émanent de cette langue) ;
    4. un score beaucoup plus équilibré concerne l'usage de l'espace devant le point-virgule :
      4 avec et 4 sans espace...
      quel bel équilibre entre ce qu'il faut faire en belge... et ce qu'il faut faire dans la langue française ;
    5. les points de suspension ont chaque fois été précédés d'une espace (contraire à la typographie de la langue française),
      mais cette espace,
      à 15 occasions n'était pas précédée d'une virgule (conforme à la typographie de la langue française... jamais de virgule devant des points de suspension),
      à 6 occasions l'était (contraire à toute typographie)...
    6. la non utilisation d'espace insécable nous fait apparaître l'énormité des pages 20 et 21, à savoir une nouvelle ligne de texte qui ne comprend que des points de suspension suivis d'un point d'interrogation...
    7. la contradiction dans une même page, dans un même paragraphe, voire dans une même ligne de la non cohérence des règles orthotypographiques suivies :
      p. 7, concernant le deux-points et l'espace (fine ou insécable) qui le précède :
      Eventuellement combinez le titre et la fonction : Monsieur le président ou Madame la directrice. La majuscule reste possible: Monsieur le Président ou Madame la Directrice ;

      p. 10, concernant également le deux-points et l'espace :
      mention Copie: ou Copie à : ;

      p. 15, concernant le tiret remplacé par un signe 'moins' :
      Si le massage qui suit dépasse les 25 lignes ce qui est à éviter ! - , vous pouvez [...]

      remarquons au passage que cet extrait contient une erreur... pas d'espace devant la virgule [voir la règle du 2e signe, ici] ;
      p. 21, concernant le point d'interrogation et l'espace :
      La formulation de votre texte est-elle agréable, séduisante? Avez-vous évité le délayage, les lourdeurs et phrases ampoulées (cf. expression des actes de communication , des sentiments et des attitudes ?)
       ;
      p. 4, concernant l'accentuation des capitales :
      [...] code postal, LOCALITÉ. A la ligne suivante, [...]
       ;
      p. 9, concernant également l'accentuation des capitales :
      Écrivez votre prénom en toutes lettres et devant votre nom. A la ligne suivante [...]
       ;
      p. 9, concernant les espaces relatifs à l'usage de la barre oblique (ou slash) :
      [...] le/la gestionnaire de dossier Par conséquent, les signatures par procuration y sont très exceptionnelles, p.ex. en l'absence du / de la signataire concerné/e [...] ;
    8. l'usage du point-virgule en fin d'item d'une liste courte (p. 15).

Dans une mise à jour récente du 13 avril 2008, cette dame, dans son document intitulé "FAQ correspondance administrative et commerciale en français" aussi disponible ici, [qui présente le site 'www.cuy.be' comme premier élément de sa sitographie], met à notre disposition un écrit qui souffre des remarques suivantes :

    1. dans ce document de 45 pages, on compte 384 signes 'deux-points', dont 115 d'entre eux sont précédés de l'espace ce qu'exigent les normes de la langue française, mais que rejettent les normes belges défendues ;
    2. dans ce même document, on trouve 142 points d'interrogation... dont 17 sont précédés de l'espace... conformes aux normes de la langue française, mais rejettés par les normes NBN Z 01-002, dont l'auteure prend la défense...
      de plus, les 125 non précédés de l'espace sont essentiellement des adresses de pages écrites en PHP ou ASP, probablement "copiées-collées" du type "http://www.optimis-international.com/index.php?id=1615" ou "http://66.46.185.79/bdl/gabarit_bdl.asp?Al=1&id=1323&D=Rue", voire des questions en néerlandais (dont la typographie n'exige pas l'espace fine avant le signe) (ex. : "Offerte schrijven: eenvoud of één-fout?") ;
    3. sur les 18 points d'exclamation du document, la moitié sont précédés d'une espace... il faut choisir... mais on est certain d'avoir une moitié correcte...  ;
    4. tous les chevrons ouvrants et fermants sont suivis et précédés d'une espace... que rejettent les normes belges défendues... ;
    5. sur les 48 points-virgules, près des trois quarts sont précédés d'une espace... que rejettent les normes belges défendues... attention, un quart des points pour les 'normes belges' ;
    6. les points de suspension sont toujours précédés d'une espace (non insécable), ce qui nous amène à découvrir (en page 9, correctement numérotée 8), ce signe de ponctuation en début de ligne, non adhérent au texte qui le précède, une nouvelle hérésie que nous n'avons malheureusement pas illustrée dans notre page relative aux espaces encadrant les signes de ponctuation... ;
    7. les capitales sont tantôt accentuées, tantôt ne le sont pas : dans la même page 5, numérotée correctement 4, on lira : "États-Unis" et "Edition mise à jour de 2007" ; en page numérotée 24, on lit : "Evitez également [...]" et au début de la page suivante, on peut lire : "Évitez une présentation complexe [...]" ;
    8. les virgules sont tantôt précédées d'une espace, tantôt non suivies d'espace... contraire à toutes normes, y compris la NBN Z 01-002 ;
    9. en page numérotée 20, concernant les abréviations, on lira la règle "Pour les professeurs d’université, utilisez soit Monsieur ou Madame, soit Prof. dr ou Prof. dre (Belgique) ou Pr / Pr ou Pre / Pre (France). L’abréviation française permet d’éviter les difficultés d’abréviation (prof. avec point ; dr ou dre sans point)", mais en page de couverture, on lit : "Prof. dr. Dominique Markey", qui est une dame, auteure belge, rappelons-le au passage.
     
    Heureusement que ces pages sont en copyright, cela évite qu'elles ne soient trop copiées ;o)
« Ceux qui ne savent rien en savent toujours autant que ceux qui n'en savent pas plus qu'eux. » (Pierre Dac)


 

Innover n’est pas à la portée de tout le monde et s’affranchir des règles élémentaires non plus. Ne faut-il pas craindre que la revendication d’émancipation ou de tolérance excessive ne serve à masquer une tendance à la l’auto-complaisance et à la facilité. Lorsqu'un architecte passe outre les règles de son art, son édifice s’écroule. Quand c’est l’écrivain, rien ne se passe et c'est bien dommage et très commode.
On risque cependant de passer directement à l’étage en dessous qui est d’écrire n’importe comment.

Pas d'attitude répressive, pas de purisme excessif. Ne soyons pas plus catholiques que le Pape et n'étouffons pas dans l'œuf ceux qui ont envie de s'exprimer. Prétendre qu'il n'y a qu'une seule norme, établie une fois pour toutes, la perfection débarrassée de toutes ses scories... c'est risquer d'être la source de complexes et d'insécurité... linguistique, évidemment. Or, notre but n'est pas d'engendrer une peur, mais d'être un guide pour que nous puissions comprendre pourquoi les Canadiens sourient lorsqu'un Belge dit qu'il a joué avec ses gosses et pourquoi les Belges sourient lorsqu'un beau mâle français demande une serviette en sortant de sa douche.

La Bible de la grammaire française n'a-t-elle pas été écrite par un instituteur belge, Maurice Grevisse... mais "le bon usage" s'adresse à tous ceux qui veulent parler le bon français, celui de l'Île-de-France, même à ceux qui veulent que 'nonante' soit la norme en Belgique et rejettent le 'quatre-vingt-dix' exigé dans nos écoles de traduction belges, même à ceux qui voudraient que le cours de « Maîtrise de la langue française », enseigné dans nos écoles normales belges (on dit aujourd'hui "nos hautes écoles belges de catégorie pédagogique"), deviennent un cours de « maîtrise de la langue belge ».[2]

Ces quelques lignes pour faire comprendre l'idiosyncrasie[4] envers ces normes pompeusement désignées sous NBN Z01-002, et pour vous rappeler que le dernier document cité ne s'adresse qu'aux enseignants de l'enseignement libre, et de plus, en ce qui concerne les documents commerciaux et administratifs (voir titre de la plaquette). Ce point de vue est d'ailleurs partagé par le renommé typographe, Jean MÉRON, dans sa critique des normes françaises, AFNOR (NF Z11-001 de juillet 1982), qui l'amène à dire « Dans l'immédiat – en France – n'attendons aucun progrès dans ce domaine tant que la défense de la typographie sera entre les mains de pareils sous-doués et de tels irresponsables[7] ».

Pour terminer, nous voudrions remercier ici les 'huiles' de l'enseignement de la Communauté française qui sanctionnent tous ceux qui ne suivent pas aveuglément ces normes NBN Z01-002 dont même les pourfendeurs n'observent pas les règles... remercier aussi les enseignants, souvent maîtres de stage qui, sous le prétexte qu'ON nous a dit de le faire – nous pensons ici à l'homme, cet animal grégaire dont les réflexes primitifs le conditionnent à adopter les comportements du groupe ou à obéir à des injonctions dont la source a une légitimité. Confère dans ce sens les célèbres expériences de Milgramm reprises dans le film « I comme Icare ». Faire comme les autres est une tendance forte dans la prise de décision... heureusement que nous avons formé une population intelligente et critique qui ne gobe plus toujours ce que dit l'Autorité, fut-elle le pape , attribuent une cotation d'autant plus basse aux étudiants stagiaires (futurs enseignants) que le niveau de connaissances des normes de la langue française et des normes belges est élevé...

Quelques outils de travail pour primo-scripturants

Aurel Ramat, Le Ramat de la typographie, Édition Aurel Ramat (sic), conforme aux deux orthographes, 8e édition, 2004, 224 pages, (ISBN 2-9223660-3-0), 21 €.

Collectif dont Jean-Pierre Lacroux, Typographique Tombeau, ouvrage invité chez Talus d'approche, 2003, 15 €.

Charles Gouriou, Mémento Typographique, Éditions du Cercle de la Librairie, 1998, 121 pages, (ISBN 13 : 978-2-7654-0447-7 ; ISBN 10 : 2-7654-0447-X ), 15 €.

Lexique des règles typographiques en usage à l’Imprimerie nationale, Paris, Imprimerie nationale, 2002, 198 pages, (ISBN 2-7433-0482-0).

 


[1] cf. diverses définitions extraites de diverses sources ici

[2] Le lecteur sensible à la nouvelle orthographe aura noté qu'il est également acceptable d'écrire "Ile-de-France" et "maitrise" (sans accent circonflexe).

[3] Haut lieu de la culture française, l'Académie française tient ses séances solennelles sous la coupole de l'ancien collège des Quatre Nations, sur le quai Conti.

[4] IDIOSYNCRASIE (le premier s se prononce ss) n. f. XVIe siècle. Emprunté du grec tardif idiosunkrasia, « tempérament particulier ».

[5] Le lecteur observateur aura noté que nous avons bien écrit œil, et non pas oeil (la négligence de ligature est une faute orthographique).

[6] Le lecteur non convaincu peut faire une recherche dans un moteur de recherche : "NBN Z 01-002" donne 165 pages trouvées, mais si on se limite aux pages francophones, on n'en trouve plus que 8, dont toutes ne défendent pas les dites normes.

[7] Voir : http://listetypo.free.fr/meron/qualty18.pdf

 

Quelques sites qui nous ont inspiré :

 


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